Ritournelles, d’après Félix Guattari

Félix Guattari a oeuvré toute sa vie à l’écriture de Ritournelles, texte autobiographique ou autofictionnel, branché sur le stream of consciousness, si sollicité par les poètes de la Beat Generation.

Pour la performance de Damien Schultz, le texte a été ré-agencé par Flore Garcin-Marrou.

En voici un extrait :

À l’école
À l’école maternelle
À l’école maternelle de Saint-Pierre du Vauvray,
un jeu de balançoire avec la petite brune.
Les petits mimosas.
La valse rose.
Les petits mimosas.
Le papier peint sépia.
Les petits mimosas.
Le papier peint sépia.
Le papier peint sepia.
La valse rose.
Les grandes fleurs
Les grandes fleurs délavées par le soleil
Les grandes fleurs
Marguerite
Marguerite, rue Saint-Benoît.
Fusion androgyne.
Rien à foutre, avec une opposition masculin-féminin.
Masculin-féminin
Ulin
Inin
Masculin-féminin
La chute du R
La mort du grand-père
La cendre,
mélangée aux traces de bière,
la cendre,
Dans les rainures de la soucoupe
Maman, mon manger
Maman, mon manger
Maman mon manger
Maman mon manger
La mort du grand père
Maman mon manger
La cendre
Maman mon manger
La chute
Maman mon manger
La chute
Maman mon manger
La chute
La cendre
La mort du grand-père
La valse rose.
Les petits mimosas.
Le papier peint sépia.
Ainsi soient.
Têtes inclinées.
Ainsi soient.
Têtes inclinées.
Ulin
Inin

Rousse comme un champ de tournesols.
Naïvement, on peut le dire, il a cru que tout allait changer,
Que tout allait changer,
qu’il pourrait vivre en même temps avec les deux filles,
que tout serait simple,
que tout allait changer,
Naïvement,
Une,
Deux,
Trois,
Quatre,
Cinq,
Ni une
Ni deux
Ni trois

Félicia avait organisé,
une réception pour sa venue
mais le fait qu’il arrive avec les deux filles,
avait jeté un froid,
c’est peu dire s’il nous prend pour des cons !

Comme un rideau d’opéra,
Guinguette aux lilas
La valse rose
Comme une valse rose
Comme sur des roulettes,
Rideau rouge
Et radis noir
L’arme noir.
La dame en noir,
Et le miroir.
Que tout serait simple,
Que tout allait changer
Naïvement
La chevelure rousse,
Enivrante,
Et l’odeur des lilas.
Talons hauts
Sur les marches de marbre
Que tout serait simple
que tout allait changer,

La poisse,
La mouise,
La mousse,
Louise,
Elle avait du
Il avait du
Elle avait du rentrer,
Au milieu de la nuit,
Avec un type à moto
La nuit, vérole de vie
Pas un pli
Lilas en fleurs,
Chevelure rousse
Valse rose
Jeu de balançoire

Une nuit
Dents de scie
Les mots grimpent aux arbres comme des fourmis.
D’autres lieux
D’autres mots
Une nuit
Des pas dans le couloir.
Une porte
Une nuit


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Pour citer cet article : Flore Garcin-Marrou, "Ritournelles, d’après Félix Guattari", Labo LAPS 2012. URL : http://labo-laps.com/ritournelles-dapres-felix-guattari/

A propos Flore Garcin-Marrou

Flore Garcin-Marrou est docteur en littérature française (Université Paris 4 – Sorbonne). Elle a enseigné les Études théâtrales à la Faculté libre des Sciences humaines de Lille et à l’Université Toulouse Le Mirail. Sa thèse s’intitule « Gilles Deleuze, Félix Guattari : entre théâtre et philosophie ». Elle est l’auteur d’articles sur le théâtre au carrefour des sciences humaines. Elle est également metteur en scène de sa compagnie « La Spirale ascensionnelle » et poursuit un travail d’expérimentation théâtrale au sein du Laboratoire des Arts et Philosophies de la Scène (LAPS).